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Comment faire votre propre bokashi?

mon jardin

Georges, jardinier expérimenté, n'est pas seulement un maître du compostage, il vous enseigne aussi l'art de la fermentation. C'est ainsi qu'il fabrique du bokashi de jardin, un produit fermenté qui favorise la vie du sol dans votre jardin.

21 juin 2023

Transcription

Bonjour, nous voilà dans les jardins de Gentbrugge, et aujourd'hui je vais vous parler des micro-organismes efficaces de notre jardin. Nous avons ici un tas de feuilles mortes, mais il pourrait tout aussi bien s'agir de tontes de gazon ou d’autres types de déchets de jardin. On connaît tous le processus de compostage, qui est un processus aérobie, mais aujourd'hui, nous allons passer à la fermentation. La fermentation est un processus anaérobie. Avec l'ajout de certains produits, que nous expliquerons plus tard, nous allons fabriquer un produit enrichi qui va stimuler notre jardin, la vie de notre sol, et aussi pour les plantes, ajouter des oligo-éléments et des éléments nutritionnels qui ne feront qu'améliorer la qualité de notre récolte. Nous allons commencer les préparations de notre processus de fermentation. Nous allons donc ajouter quelques produits, la base étant du Microferm. Le Microferm, ce sont des micro-organismes qui vont efficacement s'occuper du processus de fermentation, mais nous allons y ajouter quelques éléments supplémentaires. Tout d'abord, les minéraux argileux. Le minéral argileux, une sorte de bentonite, a deux propriétés. Tout d'abord, il absorbe l'humidité, donc l'excès d'humidité est absorbé par ces minéraux d'argile, mais surtout, il retient les nutriments. Ces minéraux argileux vont donc former un booster, un tampon pour stocker et retenir tous ces nutriments. Nous avons donc un peu ouvert ce tas, car on va devoir mélanger nos ingrédients avec notre matériau vert. Et on commence par les minéraux argileux. En agriculture classique, on parle de N-P-K. L'azote, le phosphore et la potasse. Or, dans la pratique, les plantes ont besoin de plus que ces trois éléments. Elles ont besoin de minéraux et d'oligo-éléments. Dans cette poussière de lave, en réalité de la roche volcanique, tous ces éléments sont présents en quantités infimes; mais ils garantissent que nos plantes disposeront de tous les minéraux et oligo-éléments possibles dont elles auront besoin. Ils vont donc enrichir notre sol, car ces substances ne sont normalement pas présentes dans notre jardin. La troisième étape consiste à ajouter de la chaux. Nous pourrions ajouter de la chaux granulée, mais nous allons utiliser de la chaux de coquillage, car cette chaux va augmenter le PH très lentement. Nous allons donc utiliser cette chaux de coquillage, plus grossière que la chaux en poudre, car il s'agit ici de coquillages broyés. La dernière étape, et la plus importante, consiste à ajouter les micro-organismes. Si nous mettions ce tas dans un sac en plastique, il commencerait à pourrir. Et ce n'est pas ce que nous voulons. Les micro-organismes fournissent les bonnes levures, champignons et bactéries qui vont fermenter la matière. Nous allons les ajouter, nous allons remplir notre arrosoir d'une certaine quantité d'eau, et nous allons la verser sur le tas afin que ces micro-organismes puissent commencer le processus de fermentation. Voilà, ce sont donc nos micro-organismes qui vont s'assurer qu'il y ait bien une fermentation et non pas un pourrissement. Car quand ça commence à pourrir, on obtient des odeurs désagréables comme l'ammoniaque et l'odeur d'œufs pourris. Les odeurs typiques d'un processus de pourrissement. Et ce n'est absolument pas ce qu’on veut. Nous on veut fermenter. Voilà, et maintenant on peut prendre la pelle pour mélanger le tas, puis nous on met dans le sac, et c’est terminé. En fait, cette pluie arrive au bon moment. Parce qu'il y avait quelques feuilles qui étaient très sèches de toute façon, et maintenant nous avons l'humidité qui est parfaite. Il ne faut pas que ce soit trop humide non plus héhé, parce que si c'est trop humide, on risque d'avoir une pourriture au lieu d'une fermentation, et ce n'est vraiment pas ce qu'on veut. Voilà, le mélange est fait. Et maintenant, nous allons remplir notre sac. Nous avons ici des feuilles, il s'agit ici de restes de l'automne passé, mais ça pourrait tout aussi bien être un feuillage provenant de plantes du jardin. Tonte végétale, tonte de l'herbe, et pas de mauvaises herbes, pas de mauvaises herbes agressives parce que, comme pour un compost, si vous utilisez des matériaux, des graines de mauvaises herbes agressives, vous allez juste les répandre. On évite aussi les matériaux malades. Car vous allez propager ces maladies. Il existe bien des micro-organismes qui résistent aux maladies, mais on évite les matières malades pour notre fermentation. Nous allons maintenant tasser un peu, car tout l'air doit se trouver entre les deux. Voilà! Et finalement, nous allons bien aérer le sac. Vous le voyez, ce tas de feuilles finit par s’entasser très joliment. Une autre différence avec le compostage, c'est qu'avec le compostage, beaucoup d'énergie se perd sous forme de chaleur. Et cette chaleur s'échappe dans l'air sous forme de CO2. Et le CO2, le dioxyde de carbone, est une partie qui va se perdre dans la nature. Pour la fermentation, il n'y en a pas. Le carbone contenu dans cette matière sera récupéré de manière optimale. Nous avons à présent notre produit final, à savoir notre matière verte, les minéraux argileux, la poussière volcanique et la chaux. Puis les micro-organismes pour démarrer le processus de fermentation. Ca va rester hermétiquement fermé pendant huit semaines, rester emballé, et après huit semaines, on aura le produit final, qui paraitra identique. Ce ne sera donc pas comme le compost qui, après six mois, devient une sorte de terre. Ici, le produit restera identique. On l’utilisera comme couche de paillage. Contrairement au paillage classique, il contient beaucoup d'éléments nutritifs, d'oligo-éléments et de minéraux. C’est ce que j’ai déjà expliqué. On obtient donc un paillis très riche dont les organismes vivants du sol vont aussi profiter, car vous verrez que le nombre de fourmis dans votre jardin se multipliera de façon exponentielle parce qu'elles auront une alimentation saine et qu'elles apporteront ces nutriments sous terre. Outre le paillis, vous pouvez également l'incorporer au sol. Peu importe: l'objectif final, c’est d'enrichir notre sol non seulement en azote, en phosphore et en potasse, mais aussi avec de nombreux oligo-éléments qui profiteront à toutes nos plantes.

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